À la suite d’une étude consacrée aux origines et au développement de la dansa des troubadours, cet article s’attache à retracer les premières étapes de l’histoire du virelai français, « forme fixe » poético-musicale, que Guillaume de Machaut – qui lui préférait l’appellation de « chanson baladee » – porta à son plus haut degré d’élaboration au xivᵉ siècle. Les premières descriptions théoriques de cette forme ne se rencontrent toutefois que dans des traités tardifs, tels que l’Art de dictier (1392) d’Eustache Deschamps. L’analyse des traits textuels et musicaux caractéristiques du virelai permet de constituer un corpus d’au moins dix-sept œuvres antérieures à 1320, qui ne sont jamais désignées comme telles dans les sources (où l’on rencontre plutôt les termes ballete, « chanson » ou « ballade »). Ces pièces sont ensuite comparées aux dansas occitanes contemporaines, voire légèrement antérieures, afin de mieux cerner les liens et les influences réciproques entre les deux traditions. L’étude recense et examine l’ensemble des occurrences connues des termes virelai et vireli dans les textes médiévaux, dans le but de déterminer à quel moment et selon quelles modalités s’est opérée l’association entre la forme lyrique et son appellation actuelle. Une analyse approfondie de trois compositions d’Adam de la Halle et de Guillaume d’Amiens, précédemment considérées comme des virelais par la critique, conduit à proposer la catégorie des « pseudo-virelais », mieux adaptée pour désigner certaines œuvres ne présentant que partiellement les caractéristiques de la forme. Enfin, l’ensemble des données recueillies permet d’avancer une hypothèse sur les origines du virelai qui remet en question la direction traditionnellement admise du rapport entre dansa et virelai, renouant ainsi avec l’intuition ancienne, mais largement délaissée, de Paul Meyer.
Le virelai avant Machaut. La genèse d'une forme
saviotti
2025-01-01
Abstract
À la suite d’une étude consacrée aux origines et au développement de la dansa des troubadours, cet article s’attache à retracer les premières étapes de l’histoire du virelai français, « forme fixe » poético-musicale, que Guillaume de Machaut – qui lui préférait l’appellation de « chanson baladee » – porta à son plus haut degré d’élaboration au xivᵉ siècle. Les premières descriptions théoriques de cette forme ne se rencontrent toutefois que dans des traités tardifs, tels que l’Art de dictier (1392) d’Eustache Deschamps. L’analyse des traits textuels et musicaux caractéristiques du virelai permet de constituer un corpus d’au moins dix-sept œuvres antérieures à 1320, qui ne sont jamais désignées comme telles dans les sources (où l’on rencontre plutôt les termes ballete, « chanson » ou « ballade »). Ces pièces sont ensuite comparées aux dansas occitanes contemporaines, voire légèrement antérieures, afin de mieux cerner les liens et les influences réciproques entre les deux traditions. L’étude recense et examine l’ensemble des occurrences connues des termes virelai et vireli dans les textes médiévaux, dans le but de déterminer à quel moment et selon quelles modalités s’est opérée l’association entre la forme lyrique et son appellation actuelle. Une analyse approfondie de trois compositions d’Adam de la Halle et de Guillaume d’Amiens, précédemment considérées comme des virelais par la critique, conduit à proposer la catégorie des « pseudo-virelais », mieux adaptée pour désigner certaines œuvres ne présentant que partiellement les caractéristiques de la forme. Enfin, l’ensemble des données recueillies permet d’avancer une hypothèse sur les origines du virelai qui remet en question la direction traditionnellement admise du rapport entre dansa et virelai, renouant ainsi avec l’intuition ancienne, mais largement délaissée, de Paul Meyer.I documenti in IRIS sono protetti da copyright e tutti i diritti sono riservati, salvo diversa indicazione.


